Tantôt en marchant sur la rue j'ai eu droit à un fulgurant dix minutes de bonheur : j'ai même fait un gros sourire à une dame qui a failli me heurter avec sa voiture.
Là c'est passé.
En fin de semaine je suis descendue en Estrie voir ma famille et mes vieux copains. On est allés veiller et j'ai pu leur prouver que j'ai pas changé une seconde depuis mon départ dans la grande ville et ce, en m'étendant de tout mon long sur le plancher du bar après m'être plantée dans une chaise, et ce devant pas mal trop de gens que je connaissais pas.
Analyse de mon amie Ari: " Moi je te connais bien, fait que quand je t'ai vue à terre, je me suis même pas posée de questions... Mais j'avoue que pour un inconnu, c'est quand même un évènement assez spécial... "
À moins qu'a l'aille dit : "particulier".
Un moment fort de la fin de semaine c'est quand mon petit frère m'a fait monter dans son coupé sport pour m'emmener dîner dans un authentique casse-croûte de rang où j'ai englouti un repas trop cochon et trop dégouliant pour cinq dollars.
Comme ré-immersion dans le monde rural vraiment on pouvait pas faire mieux.
Ça faisait longtemps que j'avais pas vu de naperons en papier ornés de cartes d'affaires de concessionaires Jonh Deere et du salon de coiffure chez Colette.
Le docteur m'a — encore ! — offert des anti-dépresseurs — des inhibiteurs sélectifs — pour rajuster ma chimie émotive. Du Paxil ? Oui, genre. Mais pour moi précisément il pensait à un truc qui agit sur le déficit d'attention et sur le trouble panique. J'ai dit non merci.
Je commence à être travaillée pas mal fort par l'idée d'arrêter de fumer. Je sais pas si ne tappant ça je nuis au complexe processus de préparation mentale préalable à la prise d'une telle décision. Mais bon. Je veux reconquérir mon cerveau. Je suis vraiment trop bien en vacances mais je commence à me sentir comme une grosse algue verte-brune comme on en voit présentement proliférer à la surface des étangs stagnants nés de la dernière fonte des neiges.
C'est pas une méchante sensation en soi, mais je suis tannée d'être grazévisqueuze.
En fait j'ai comme plein de désirs étranges et douteux : fumer moins, manger mieux, marcher plus, maigrir. Ça va être plate ici-dedans d'ici quelques semaines, quoique ça l'est déjà en masse.
Cette année ma fête tombe en même temps que le jour des Patriotes. Je trouve ça tellement plus chouette qu'en même temps que la fête de Dollar et de la Reine...