Ce placard est rempli d'objets
Qui suitent d'une charge désuete
D'émotions et de modes de respirer
Et qui quelque fois sont amoureusement cordés et alignés par les mains de plus en plus soyeuses
De ma mère
Je me rappelle avec quelle ferveur
J'ai déjà refusé
Qu'on en déplace un seul
Ce soir le plus vite possible j'enfouirais tout
Sans même regarder dans les yeux
Toutes ses patentes portant la fièrté de leur âge
Bavant de laideur et de vanité
Tirant du vague souvenir d'avoir été chéries
Une impression d'éternité
J'hallumerais mon placard et je brulerais tout
Ce qui n'a pas la pure théâtralité de mon souvenir
Ça se résume à quelque peluches que j'étreindrais encore
Avec le même bonheu larmoyant
Mais surtout
Je détruirais les petits cahiers à cadenas
Je les avalerais si c'était possible
J'en remâcherais toutes les pages
Ainsi tous les mots pourraient redevenir
De la boue